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Atelier d’apprentissage de la langue française à Brioude

Le Centre d’Animation de la Vie Sociale Déclic à Brioude propose un atelier d’apprentissage de la langue française animé par une équipe d’intervenantes bénévoles.

Cet atelier a pour but de lutter contre l’exclusion en favorisant la socialisation et l’autonomie par une meilleure connaissance de l’environnement socioprofessionnel.

Entretien réalisé avec Madame RIGAUD, directrice ainsi qu’avec la précieuse collaboration des intervenantes bénévoles Geneviève et Renée.

[(Quand est né votre atelier d’apprentissage de la langue française ?)] L’atelier d’apprentissage de la langue française a commencé en 2004.

[(Pourquoi cette initiative ?)] Ce besoin d’apprentissage s’est fait ressentir de manière assez « forte » lorsque nous sommes allés à la rencontre des populations vivant dans les quartiers HLM.

Nous avons pu constater que de nombreuses personnes étaient en situation d’exclusion ; beaucoup de femmes au foyer notamment qui avaient besoin de sortir de chez elles, de se socialiser et de gagner en autonomie pour aider leurs enfants dans leur scolarité, pour être plus actives dans la vie de tous les jours, pour trouver un emploi.

Elles ne rentraient pas dans les critères des publics pouvant bénéficier d’un accompagnement pour l’apprentissage du français.

[(Comment le groupe s’est-il constitué ?)] Une rencontre : Une bénévole, institutrice à la retraite, s’est proposée, et l’aventure a commencé !

Au départ, il s’agissait majoritairement de femmes turques et marocaines qui venaient sur notre action, mais aussi une vietnamienne, puis une française en situation d’illettrisme.

Les cours ont lieu le matin jusqu’à 11 h afin de permettre aux participants de pouvoir aller chercher leurs enfants à l’école, de préparer le repas de midi, pour que le temps personnel, pris pour apprendre ne gène pas la structure familiale ….

Cette action était le prétexte pour permettre à ces dames de faire un premier pas pour s’ouvrir, prendre du temps pour elles et mieux connaitre leur ville.

[(Où en est-on à l’heure actuelle ?)] Il y a eu du mouvement ! Nous accueillons toujours une dizaine de personnes mais peu de dames du quartier.

Pour illustration, deux dames turques ayant suivi des cours sont maintenant en emploi ; les dames marocaines également, en emplois saisonniers. Sans oublier que trois participantes ont obtenu leur permis de conduire !

Les cours de français ne peuvent à eux seuls expliquer un tel parcours ascendant mais ils y ont contribué. Les cours ont permis aux participantes de prendre confiance en elles et de mieux appréhender les codes et les exigences linguistiques de la société et du monde professionnel.

Une participante, très timide et renfermée il y a quelques années de ça, s’est métamorphosée ; elle communique maintenant avec plus d’aisance, s’est émancipée et a trouvé un emploi !

[(Comment sont organisés vos cours ?)] Nous avons maintenant 3 bénévoles motivées, engagées qui prennent en charge les apprenants deux fois par semaine.

Ce sont elles qui donnent de la force à ce groupe grâce à leur implication sans faille malgré les difficultés de « l’exercice ».

Il est intéressant de préciser que le groupe est mixte ! Les cours débutent par une séance d’échanges collectifs.

Nous travaillons sur les besoins des personnes ; communiquer permet de faire émerger ces besoins et donne prétexte à l’apprentissage d’un français plus technique (grammaire, etc.)

En dépit de l’hétérogénéité des niveaux, il y a beaucoup d’entraide entre les participants et aucun jugement de valeur : une belle dynamique de groupe ! Cette solidarité, cette tolérance et cette attention portée à l’autre sont la plus value des cours. Des liens forts unissent ces personnes.

Après ce moment collectif, chaque bénévole prend en charge un petit groupe d’apprenants : une des bénévoles, Anne Marie travaille avec un petit groupe de jeunes en service volontaire européen, Renée travaille avec un apprenant les bases du français et Geneviève anime la séance avec le reste du groupe.

De nombreux supports concrets de la vie quotidienne sont utilisés ; il est en effet important de travailler sur des documents authentiques.

Partir de ce que les apprenants savent, valorise leurs compétences et permet de les développer.

Le travail sur l’écrit n’est jamais négligé, il est regardé comme la concrétisation et l’aboutissement de leurs acquis.

[(En quoi votre action constitue t-il un tremplin vers l’environnement socioprofessionnel ?)] Outre l’aspect de l’apprentissage de la langue française, la connaissance de l’environnement proche est privilégiée par le Centre Social.

Cette ouverture se concrétise par de nombreuses actions (expositions, sorties, visites, médiathèque, etc.).

Toutes ces activités permettent aux personnes de sortir de l’isolement, de se familiariser avec leur environnement, de mieux connaitre les structures qui peuvent les aider dans leurs démarches et de développer leurs compétences linguistiques.

L’ensemble des missions du Centre Social est un support pour mieux s’insérer.

La langue est à la fois un vecteur de socialisation et d’autonomie pour certaines apprenantes (nous avons deux femmes retraitées sur le groupe), un vecteur de mobilité (permis de conduire) et d’emploi.

Ces demandes multiples rendent parfois notre travail difficile et demande beaucoup d’investissement à nos bénévoles mais constitue aussi toute la richesse de notre action.

[/Avec tous nos remerciements/]

[(Pour tout renseignement, vous pouvez contacter :)]

[|Anne-Marie Rigaud

Centre social DECLIC

7 rue de la République 43100 Brioude 04 71 74 58 10|]

[|plaquette des activités|]