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Ouvrir l’Ecole aux Parents pour Réussir l’Intégration

Le dispositif "Ouvrir l’Ecole aux Parents pour Réussir l’Intégration" financé par l’état et créé à son initiative, a été annoncé au niveau national au cours de l’été 2008. Le démarrage a eu lieu dans l’académie de Clermont-Ferrand durant le premier semestre 2009. La première session complète de formation s’est déroulée en 2009/2010.

Actuellement, 3 sites sont concernés par ce dispositif en Auvergne :
- Le collège Albert Camus (Clermont-Ferrand)
- Le collège La Charme (Clermont-Ferrand)
- Le collège Audembron (Thiers)

Il répond à 3 objectifs :
- une meilleure maîtrise de la langue française des personnes d’origine étrangère
- une meilleure connaissance de l’institution scolaire
- une sensibilisation aux valeurs fondamentales de la République française

Entretien réalisé auprès de Mme Saintrapt, Principale du collège Albert Camus) et M. Koerckel, coordonnateur.

[(A qui s’adresse ce dispositif ?)] Quatre conditions sous-tendent l’entrée dans le dispositif :
- La personne doit être étrangère ou d’origine étrangère
- Elle doit être issue d’un pays hors communauté européenne
- Elle doit avoir des enfants scolarisés au collège de référence ou dans les écoles du secteur. Ici, outre les parents d’élèves du collège Albert Camus, sont aussi concernés des parents d’enfants scolarisés à Alphonse Daudet, Philippe Arbos, Jules Vallès et Mercoeur.
- La personne doit être entrée sur le territoire français avant 2007 (mise en place du CAI)

[(Comment sont organisés les cours ?)] Sur le site d’Albert Camus, un groupe de 15 personnes suit 6 heures de cours par semaine : les lundis, mardis et jeudis.

Il s’agit exclusivement de femmes (bien que les cours soient ouverts aux hommes) : les cours ayant lieu en journée, les hommes ne peuvent souvent pas se libérer sur les créneaux horaires impartis.

La durée maximale est de 120 heures sur 20 semaines. Une attestation d’assiduité est remise aux participantes à la fin de la formation.

Quatre professeurs de français du collège, dont trois habilités FLE, interviennent. Outre le fait de venir au collège, les participantes peuvent ainsi potentiellement travailler avec des enseignants de leurs enfants.

[(Qui sont les participantes ?)] Actuellement, nous avons des personnes issues de 4 nationalités différentes : turque, marocaine, russe et guinéenne avec une forte majorité de participantes d’origine turque (67%).

Elles ont en moyenne entre 30 et 35 ans et souhaitent, par le biais de cette formation, acquérir les bases linguistiques nécessaires pour être plus autonomes au quotidien, comprendre le fonctionnement des institutions et plus spécifiquement celui de l’institution scolaire.

Mieux appréhender le système scolaire permet aux parents d’élèves d’assurer un meilleur suivi de la scolarité des enfants, de favoriser la communication avec les professeurs, de comprendre les remarques sur les bulletins scolaires, etc.

Les personnes sont très motivées pour venir en formation, le taux d’assiduité est de 75% en moyenne.

[(Quels sont les bénéfices ressentis chez les participantes ?)] Le dispositif répond aux préoccupations des participantes au regard du suivi de la scolarité des enfants.

Nous travaillons en premier lieu sur la vie quotidienne de ces dames, sur ce qu’elles peuvent être amenées à faire dans la vie de tous les jours : les courses, les visites chez le médecin, les activités, etc. pour les initier petit à petit à la vie scolaire.

L’acquisition des repères autour de la scolarité est en effet progressive. Par exemple, nous commençons par des exercices de communication orale autour du matériel scolaire des enfants, des devoirs ; puis enfin, sur les droits et devoirs des enfants au sein de l’institution.

En raison de l’hétérogénéité des niveaux, cet apprentissage est progressif, se fait petit à petit, selon les capacités et le rythme de chaque participante.

Il est en effet indispensable que toutes acquièrent un minimum de français au préalable pour qu’elles puissent comprendre le fonctionnement de cette institution parfois complexe qu’est l’école.

[(Quelques anecdotes ?)] Les cours de français au sein même de l’institution scolaire permettent d’une part de dédramatiser l’école et de mieux la comprendre, mais aussi de tisser des liens familiaux plus riches.

Par exemple, la remise des attestations de présence en mai 2011 a été un acte symbolique et matériel très fort pour ces personnes qui se sont vues offrir ce document officiel. Cet acte a été vécu avec beaucoup de fierté par les participantes qui ont eu le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’important pour elles et pour leurs enfants :

Une enfant de 5 ans s’est même exclamée devant ses camarades de classe, en montrant du doigt le collège, « c’est là que ma maman prend des cours de français ! ».

Il y a donc une réelle communication entre les membres de la famille autour de cet apprentissage partagé.

[(De quelle manière travaillez-vous avec les acteurs sociaux des quartiers ?)] Nous travaillons avec les centres sociaux à plusieurs niveaux :

- Après consultation des équipes d’enseignants des écoles du quartier, nous allons à la rencontre des maisons de quartiers et centres sociaux pour éviter les doublons de formation et s’assurer au mieux que des personnes éligibles au dispositif n’ont pas été oubliées. Nous travaillons ainsi en complémentarité avec les acteurs de la formation linguistique sur les quartiers (association SAMA).

- Nous travaillons sur les acquis sociaux des participantes en relation avec les centres sociaux : l’apprentissage de la langue française stimule la prise d’initiatives et la pratique d’activités extra familiales (ateliers cuisine, couture, etc.) et, réciproquement, l’ouverture sur les pratiques socioculturelles facilitent l’acquisition de compétences linguistiques et institutionnelles.

Ce travail en profondeur permet une plus grande cohérence et une efficacité renforcée de l’apprentissage et de l’intégration sociale.

[(Quels sont les freins que vous constatez le plus ?)] La problématique de la garde d’enfants constitue pour certaines participantes un frein à l’apprentissage et peut compromettre leur assiduité. Depuis peu, les jours et horaires de fonctionnement de la halte-garderie ont été modifiés. Les possibilités d’accueil sont plus larges. Ce pourrait être là un élément facilitant.

La seconde constatation est que les participantes pratiquent très peu le français dans la vie de tous les jours ; après les cours, c’est souvent la pratique de la langue maternelle qui prend le relais. Cela est renforcé par le fait qu’il y a peu d’échanges entre communautés, peu de lieux de rencontres ; le français n’est donc que très rarement la langue de communication.

[(Vos souhaits pour la suite ?)] La poursuite de ce dispositif qui s’est avéré concluant depuis sa mise en place !

Nous souhaiterions que l’action puisse démarrer plus tôt (en septembre au lieu de novembre) afin de mieux anticiper les besoins et de faciliter la coordination avec les acteurs du quartier.

Nous souhaiterions également organiser plus de moments de rencontre avec, d’une part, les formateurs (temps de discussions, de formation, etc.) mais aussi avec tous les acteurs sociaux des quartiers pour que notre action s’inscrive dans une logique de parcours d’intégration.

Notre action, à visée sociale, doit être un pont vers les autres dispositifs et sur l’environnement extérieur.

N.b. : les listes sont arrêtées jusqu’à septembre 2012

[(Comment envisager le partenariat avec la plate-forme ALF Auvergne ?)] Une rencontre entre la plate-forme, les professeurs et les participantes sera planifiée en juin 2012 afin d’informer les personnes souhaitant poursuivre l’apprentissage du français sur les possibilités existantes sur le territoire au plus près de leurs besoins et de leurs projets.

Pour plus d’informations sur ce dispositif, vous pouvez contacter …

- Collège Albert Camus : Rue du Sous-marin Casabianca Tél. 04 73 24 36 73
- Collège la Charme : 4, rue de la Charme 04 73 24 11 00
- Collège Audembron : Avenue Jean Jaurès 63300 Thiers 04 73 80 86 80